La dolce vita en mer : affréter le littoral italien en goélette — Exclusive Gulets journal
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La dolce vita en mer : affréter le littoral italien en goélette

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L'Italie ne fait jamais les choses à moitié. Les falaises y sont plus abruptes, les couleurs plus vives, les saveurs plus intenses, les gestes plus expressifs. Naviguer le long du littoral italien à bord d'une goélette, c'est se laisser conquérir par un pays qui insiste — avec charme, avec passion, un espresso dans une main et une pêche parfaitement mûre dans l'autre — pour que la vie soit vécue avec beauté. Et il est très, très difficile de le contredire.

La côte amalfitaine : le spectacle à chaque virage

La côte amalfitaine n'a rien de discret. Elle s'annonce par d'abruptes falaises calcaires plongeant dans une eau cobalt, des plantations de citronniers en terrasses s'accrochant à des coteaux quasi verticaux, et des villages perchés de manière si improbable qu'ils semblent défier la gravité même. En arrivant depuis la mer — comme il fut toujours prévu de l'aborder — tout le spectacle se déploie d'une manière qu'aucun trajet routier ne saurait reproduire.

Positano apparaît la première, dévalant sa falaise en une cascade de rose, de terre cuite et de bougainvillées. Mouillez dans la baie et gagnez le rivage en annexe pour parcourir les ruelles étroites, où chaque tournant révèle une vue plus spectaculaire que la précédente. Amalfi elle-même est plus majestueuse — sa cathédrale, à la façade arabo-normande, préside une piazza qui évoque un décor d'opéra. Et Ravello, perchée tout là-haut, offre des jardins qui contemplent la côte d'une telle hauteur que les yachts dans le port en contrebas semblent des jouets.

L'Italie est le seul pays où l'expression « un déjeuner simple » peut légitimement comporter cinq plats, trois vins et une conversation de deux heures pour savoir si la burrata est meilleure dans les Pouilles ou en Campanie.

Mais la côte amalfitaine est bien plus que ses villages célèbres. Entre les caps se nichent des criques cachées accessibles uniquement par bateau — minuscules plages de galets lisses adossées à des grottes où l'eau rayonne d'un turquoise. Votre capitaine les connaîtra toutes, et à bord d'une goélette vous avez la liberté de vous attarder aussi longtemps que l'humeur vous y porte.

Capri et la baie de Naples

Capri est l'île qui a séduit empereurs, artistes et rêveurs depuis deux millénaires. Tibère y fit construire douze villas. Gorki, Rilke et Graham Greene écrivirent tous sur ses rivages. Elle demeure aujourd'hui l'une des îles les plus glamour au monde — mais aussi, pour qui sait où regarder, l'une des plus belles.

La Grotte Bleue est l'attraction phare, et à juste titre : une grotte marine où la lumière du soleil réfléchie crée une lueur bleue presque surnaturelle qui émerveille les visiteurs depuis l'époque romaine. Mais les plaisirs plus discrets de Capri sont tout aussi gratifiants — la promenade jusqu'à la Villa Jovis, le palais de Tibère au sommet de la falaise ; le minuscule port de Marina Piccola, abrité par les spectaculaires aiguilles rocheuses des Faraglioni ; le parfum du jasmin dans les jardins d'Auguste tandis que vous contemplez la vertigineuse Via Krupp.

Naples, de l'autre côté de la baie, est l'Italie sous son jour le plus vif et le plus intransigeant. La ville est bruyante, chaotique, magnifique, et le berceau de la pizza. Dégustez une margherita chez Da Michele — où l'on prépare exactement deux types de pizza depuis 1870 — et vous comprendrez pourquoi les Napolitains considèrent toute autre pizza avec une douce commisération.

Les îles Éoliennes : feu et eau

Mettez le cap au sud depuis Naples et les îles Éoliennes s'élèvent de la mer Tyrrhénienne comme surgies d'un mythe. Cet archipel volcanique — inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO — se compose de sept îles, chacune dotée de son propre caractère extraordinaire.

Stromboli est la plus théâtrale. Son volcan entre en éruption toutes les quinze à vingt minutes, projetant des fontaines de roche en fusion dans le ciel nocturne — un spectacle qu'il maintient depuis au moins deux mille ans. Mouillez au large à la tombée de la nuit et contemplez le feu d'artifice depuis le pont, le grondement profond de la montagne roulant à la surface de l'eau. C'est l'un des spectacles les plus primordiaux d'Europe.

Lipari est le cœur de l'archipel — animée, colorée, avec un excellent musée archéologique et des restaurants du front de mer qui servent un espadon si frais qu'il nageait encore le matin même. Salina, l'île la plus verdoyante, est celle où poussent les câpres qui se retrouvent dans les cuisines de toute l'Italie. Et Panarea, la plus petite île habitée, est ce que la Méditerranée offre de plus proche d'un paradis privé — tout en maisons blanchies à la chaux, sources chaudes et une unique plage parfaite.

La Costa Smeralda de Sardaigne

La Sardaigne est un monde à part. La côte nord-est — la Costa Smeralda — fut aménagée dans les années 1960 par l'Aga Khan, qui reconnut que cette étendue de caps de granit et d'eau émeraude avait quelque chose d'extraordinaire. C'est aujourd'hui l'un des terrains de navigation les plus exclusifs de la Méditerranée, avec des mouillages allant du plus glamour — Porto Cervo, avec sa marina de superyachts et ses boutiques de créateurs — au plus véritablement sauvage.

L'archipel de la Maddalena, un parc national d'îles de granit rose et d'eau cristalline, s'étend juste au large. Ces îles sont presque caribéennes par leur beauté — sable blanc et doux, eau déclinée dans toutes les nuances de vert et de bleu, et un silence rompu seulement par le cri des oiseaux de mer. La Spiaggia Rosa de Budelli — la célèbre plage rose, colorée par le corail broyé — n'est visible que depuis l'eau, un privilège réservé à ceux qui arrivent par bateau.

L'intérieur de la Sardaigne est tout aussi fascinant : anciennes tours nuraghes datant de trois mille ans, montagnes sauvages où les bergers déplacent encore leurs troupeaux au gré des saisons, et une cuisine bâtie sur le cochon de lait rôti, le pain plat pane carasau, et un pecorino si relevé qu'il vous fait monter les larmes de plaisir aux yeux.

Quand partir

La saison de navigation italienne s'étend de mai à octobre. La côte amalfitaine et Capri sont les plus magiques en juin et septembre, lorsque la foule s'amenuise et que la lumière prend cette qualité douce et mordorée qui fait ressembler chaque chose à une peinture de la Renaissance. Les îles Éoliennes sont à leur apogée en juillet et août, quand la mer est la plus calme et le spectacle volcanique le plus saisissant sur le ciel sombre. La Sardaigne est glorieuse de juin à septembre, la Costa Smeralda étant la plus animée en juillet et août.

L'Italie en goélette est, en définitive, un exercice d'abondance. Il y a toujours une crique de plus à explorer, un village de plus à découvrir, une assiette de pâtes de plus à savourer, un verre de vin de plus à verser. Les Italiens ont une expression pour cela — la dolce vita, la vie douce. Depuis le pont d'une goélette, avec la côte italienne se déployant devant vous, ce n'est pas une expression mais une promesse.

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